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Mots de Mneiko...

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MessageSujet: Mots de Mneiko... Jeu 12 Mar - 0:36

portrait

Et la marque se grava...dans l'âme, les chairs et le sang.

Chaleur.

C’est le mot qui viendrait naturellement s’il ne devait en rester qu’un pour décrire l’atmosphère oppressante de cette journée.
Le petite Mneiko, âgée de 4 ans depuis quelques jours, avait une fois de plus échappé à la surveillance de sa nourrice.
Cette dernière, suant et soufflant plus fort qu’une génisse mettant bas, agitait ses gros bras rouges au dessus de sa tête, en maudissant cette affreuse fillette qui s’enfuyait à la moindre occasion.

Mneiko, depuis sa cachette dans un coin de la remise à outils de son père, au fond du jardin de la maison familiale, pouffait d’un air espiègle derrière sa petite main. Elle détestait sa nouvelle nourrice, laide et acariâtre.  L’ancienne, Ragh, trop âgée, avait renoncé a s’occuper d’enfants, et l’âme fendue, avait serré Mneiko contre son cœur quelques semaines auparavant en lui promettant de venir la voir.
La petite fille, profitant d’un angle mort de la grosse Nermy, se faufila entre deux planches de la palissade, et se retrouva dans la rue. Dans la foule compacte des chalands et des passants, elle passa évidemment inaperçue. Qui se serait soucié d’une gamine, après tout. Chacun a ses p'tits soucis, hein, ma bonne dame.
La petite poupée de porcelaine, les cheveux d’un bleu indigo profond, était fort grande pour son âge. Elle possédait une intelligence redoutable, et son père avait coutume de dire en lui ébouriffant les cheveux d’un geste tendre qu’elle était un mélange improbable entre lui-même, sa mère, un renard et un hibou. Elle battait la plupart des garçons de son voisinage a la course, et Ragh, qui lui donnait quelques leçons en attendant qu’elle ait l’âge pour aller a l’école, racontait souvent a ses parents, les yeux ronds, les prouesses de son petit esprit agile.

Mneiko avait déjà parcouru une bonne distance, mais sa mémoire d’enfant, si impressionnante fut elle, lui joua un mauvais tour. Elle s’engagea dans une ruelle sur la gauche, tandis que la maisonnette de Ragh se trouvait plus à l’est du quartier des Tisseurs.
Plus elle avançait, moins elle reconnaissait le décor, et au bout de longues minutes à marcher, elle fit le constat implacable  qu’elle était perdue.
Une grosse larme, unique et silencieuse, vint s’écraser sur la poussière de la voie. Elle en effaça bien vite toute trace en reniflant et en se barbouillant le visage.
Elle s’assit contre une porte, qui grinça sous son petit poids, et se mit a réfléchir. Demander son chemin cela signifiait parler a des inconnus, et qui plus est, recevoir une probable double correction. Le premier point étant déjà assez désagréable ( Mneiko était bavarde, mais choisissait avec soin ses interlocuteurs), le second rayait complètement cette option.  Posant son petit menton dans ses mains, elle senti monter une nouvelle vague de larmes qu’elle refoula en inspirant très fort.
Le mouvement de son dos contre la porte la fit grincer de nouveau, et un petit craquement sec se produisit, ce qui lui fit tendre l’oreille. La ruelle était déserte, loin du brouhaha des activités des adultes.
Poussant son dos une fois de plus contre le bois qui semblait fort vieux, un autre craquement, plus net, se fit entendre, tandis qu’un petit nuage de poussière vint lui chatouiller les narines.
La peur, et tout autre sentiment fut instantanément balayé par celui que les enfants ont le plus souvent : la curiosité.

Sautant sur ses pieds, elle se plaça face a la porte quasiment vermoulue, et y posa ses deux petites mains bien à plat. D’une poussée un peu hésitante, elle fit de nouveau grincer le bois. Son petit nez se chiffonna sous le nouvel assaut de la poussière, et un sourire malicieux éclaira son visage. Une dernière fois, elle poussa la porte… ce qui eu pour conséquence de l’entrebâiller, laissant échapper une affreuse odeur de paille pourrie et de renfermé. L’odeur qu’on redoute tous en rentrant chez une personne âgée. L’odeur de l’abandon et de l’inexploré. L’odeur du sombre et du mystère d’enfant.

«  -POUAH ! Qu’est ce que ça sent mauvais… »

N’écoutant que son incroyable envie de savoir ce que dissimulait cette fichue porte puante, la petite fille se coula dans l’espace ouvert et rentra dans le bâtiment.
Ses yeux, deux grandes pastilles vertes, s’habituèrent peu a peu a l’absence de lumière, et sa déception fut a la hauteur de son appétit pour l’aventure.
«  Alors, un tas d’paille moche qui pue, une vieille sarette qui roule pu pasque la roue est cassée, une foursse, pfff… c’est pas merveilleux comme un palais, ça. Moi j’aime les palais et les zaventures. Une zaventure, c’est pas dedans de la paille. Surtout de la paille qui pue. En plus, y fais trop sso ici… »

Pendant qu’elle devisait avec elle-même, elle s’approcha du tas de paille, effectivement plus très frais.

« OH ! Fait plus sso près de dedans la paille !!! C’est de la paille mazique… !!! »

L’imagination étant, comme chacun sait, la plus redoutable des armes, et la plus brillante des parures, le fait que la paille sente le moisi (presque autant que les aisselles de Nermy) fut vaporisé dans les limbes de la zaventure.
Mneiko, prenant son élan, s’élança donc pour se jeter dans la paille magiquement chaude, et s’y vautrer en se prétendant une princesse dans un volcan de paille.
Mais l’atterrissage ne fut pas celui escompté…
Le choc fut rude, et cette fois, la fillette éclata en sanglots. Elle venait de heurter quelque chose, enfoui sous la paille. La douleur se mêla a la colère sourde et typiquement puérile d’en vouloir aux objets qui nous blessent. Elle se mit a chercher dans la paille la cause de sa blessure, bien décidé a lui faire comprendre qu’on empêchait pas une princesse de jouer dans un volcan de lave en paille.
Ses petits gestes colériques faisaient voler les fétus défraîchis, et mirent au jour une énorme pierre.
Essoufflée, le visage barbouillé de larmes, la poussière collée sur ses joues, Mneiko stoppa net devant ce qui se présentait.
Une pierre, d’environ 60 cm de haut, reposait là, sous ce tas de paille. Comme posée la, exprès.  La fillette ne pouvait détacher son regard de cette curiosité. La texture, la couleur, l’odeur qui luit rappelait la cheminée de sa maison en hiver. Tout était étrange.

Cette simple évocation de sa maison en pensée la ramena a la réalité, a la douleur qui lui vrillait encore le visage, à son chemin perdu.

«  Et toi, le caillou, même si t’es zoli comme un truc de princesse, tu m’as fait mal, plein même. Et j’aime pas, parce que n’avoir mal, c’est pas agréable. Alors prends ça ! »

Et elle accompagna ses paroles d’un magistral coup de pied dans le minéral.
               

           

       
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